Gros plan sur un vitrail médiéval coloré avec des fleurs de lys

« Le piège de verre » : un roman à énigmes au coeur de la Renaissance française

Dans Le piège de verre, Éric Fouassier nous emmène dans la France de 1503, alors que le roi Louis XII est embourbé dans les guerres d’Italie. Cette confrontation avec l’Italie se répercute d’ailleurs dans le domaine artistique, avec un déclin progressif de l’art du vitrail au profit des fresques et des peintures, œuvres dont la contemplation requiert plus de lumière dans les églises, et donc moins de vitraux colorés.

L’héroïne du roman, Héloïse Sanglard, est une jeune apothicaire de la ville d’Amboise, chargée par la reine Anne de Bretagne d’enquêter sur un mystérieux complot fomenté par un groupe de maîtres verriers. Pour mener à bien sa mission, Héloïse entame un périple en plein hiver, qui l’emmène des châteaux de la Loire jusqu’en Champagne, à la rencontre de grandes figures du Royaume tel que le chevalier Bayard, Philippe de Clèves ou encore Jeanne de Valois.

Pas besoin d’être friand d’énigmes ou de romans policiers pour prendre plaisir à lire Le piège de verre, qui est aussi et surtout un roman historique bien documenté. L’intrigue est bien rythmée, avec des chapitres courts qui ménagent le suspense, même si de nombreux développements sont assez prévisibles. La résolution des énigmes à chaque étape du parcours révèle petit à petit différentes dimensions du complot, sans complexité excessive et sans grand coup de théâtre final, ce que j’ai personnellement trouvé appréciable.

Le style de l’auteur est très accessible, parfois même un peu trop didactique à mon goût. Par endroits, il rappelle le rôle et les actions d’un personnage, au cas où le lecteur les aurait oubliés, comme au chapitre 37 avec des expressions du type « Malavoise– car, bien entendu, c’était lui ». Quant à la trame romantique, elle est un peu fleur bleue mais on s’y laisse prendre. Au chapitre 28, je me suis même demandée si l’auteur ne se moquait pas un peu lui-même du genre romanesque en faisant un clin d’œil aux romans de chevalerie voire au Don Quichotte de Cervantes :

La jeune femme se demandait si tous leurs efforts n’étaient pas vains et ne la détournaient pas de la seule chose qui comptait vraiment à ses yeux : l’amour qu’elle portait au chevalier sans peur et sans reproche.

Puis :

Elle avait désormais la désagréable impression qu’ils ne poursuivaient qu’une chimère.

Au final, un roman distrayant que je serai capable de relire avec plaisir lors d’une prochaine visite dans la région. J’ai même pris plaisir à reconstituer le parcours d ‘Héloïse sur la carte suivante :

Merci à Netgalley et aux éditions JC Lattès de m’avoir permis de lire ce livre avant sa publication officielle.

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