Vue de Notre-Dame de Paris avec un coucher de soleil

Viollet-Le-Duc, l’homme qui ressuscita Notre-Dame

Viollet-Le-Duc, l’homme qui ressuscita Notre-Dame est une bande dessinée biographique qui inaugure une nouvelle série de portraits historiques intitulée « Les bâtisseurs », dont le 2e tome sera consacré à Bartholdi, le sculpteur à l’origine de la Statue de la Liberté à New York. Porté par les très belles illustrations aux traits précis d’Eduardo Ocana, l’album retrace le parcours de l’architecte-autodidacte passionné d’art gothique.

La passion d’une vie

Si le XIXe siècle est marqué par un retour en grâce du Moyen-Âge, période trouble qui inspire les artistes romantiques, l’Académie des Beaux-Arts a longtemps dénigré l’architecture gothique au profit du classicisme antique. Il a donc fallu à Viollet-Le-Duc beaucoup de persévérance pour défendre la sauvegarde de grands monuments gothiques tels que l’Eglise de Notre-Dame qui menace alors de tomber en ruines.

Pour accomplir sa mission, Viollet-Le-Duc (1814-1879) trouve un allié en la personne Prosper Mérimée, alors inspecteur général des Monuments historiques en charge de la préservation du patrimoine artistique et architectural de la France. Alors que le roman Une aventure monumentale met en avant le duo formé par Victor Hugo et Mérimée, Viollet-Le-Duc, l’homme qui ressuscita Notre-Dame explore la relation complexe mais déterminante entre Mérimée et Viollet-Le-Duc. La BD montre d’ailleurs comment c’est grâce à Mérimée que Viollet-Le-Duc, sans formation classique, parvient à se faire un nom en se voyant confier la restauration de l’église de Vézelay en 1840.

Une conception très personnelle de la restauration

Pour Viollet-Le-Duc, « restaurer un édifice, ce n’est pas l’entretenir, le réparer ou le refaire, c’est le rétablir dans un état complet qui peut n’avoir jamais existé à un moment donné. » En d’autres termes, Viollet-Le-Duc ne se contente par de remettre un monument en état sur base des plans d’origine ou des évolutions les plus récentes. Il cherche plutôt à le compléter, à l’interpréter pour en restaurer l’esprit d’origine, tout en incorporant autant que possible les techniques de construction modernes.

En mettant en scène les controverses ayant opposé Viollet-Le-Duc à John Ruskin et à l’Académie, la BD permet de bien comprendre les enjeux philosophiques autour de la sauvegarde du patrimoine telle qu’elle s’est développée au XIXe siècle. Le scénario accorde également une place importante aux défis techniques du chantier de Notre-Dame qui dura plus de 20 ans… tout en soulignant le rôle crucial de Jean-Baptiste Lassus, l’architecte oublié de ce gigantesque projet de restauration.

L’album évoque enfin la vie privée de Viollet-Le-Duc pour en faire un personnage de chair et de sang auquel le lecteur s’attache malgré son désir obsessionnel de passer à la postérité. Le résultat est une lecture très agréable pour les amoureux de Notre-Dame et les passionnés du XIXe siècle.

Merci aux éditions Delcourt de m’avoir permis de lire cette BD avant sa publication officielle le 13 avril 2022.

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.