« L’Espion d’Alger » de Nabil Benali

L’Espion d’Alger est un roman historique autoédité de Nabil Benali qui nous transporte dans l’Algérie du début du XVIIe siècle, alors que la région se trouve sous domination ottomane. Le personnage principal, le vieux Cheikh Mansour, est un érudit au service du Pacha qui, bien malgré lui, se trouve mêlé à une affaire de corsaires et de trafic de captifs chrétiens.

Dans une « tribune libre » très intéressante publiée sur le blog GrégoiredeTours.fr, Benali explique les recherches qu’il a mené sur cette période, tentant de réconcilier les différents points de vue d’historiens sur le sort réservé aux esclaves chrétiens dans le bagne d’Alger.

Outre l’originalité du sujet, l’intrigue est bien ficelée et le dénouement à la fois crédible et surprenant. La lecture peut par contre paraître assez aride à la lectrice qui a besoin de s’identifier à un personnage féminin : ceux-ci sont très secondaires et très peu présents dans la narration. Enfin, quelques maladresses stylistiques (par exemple : « Il ne le savait pas et n’en n’avait pas la moindre idée. ») et plusieurs fautes de frappe (dans les premiers chapitres notamment) auraient pu être évitées en faisant appel à un éditeur professionnel.

J’ai aimé…

  • Les descriptions de la Cour du Pachalik à Alger, et la façon dont l’auteur intègre les enjeux économiques et politiques à son récit (lutte entre les corsaires et les janissaires, relations entre Alger et les autres grands ports de la Méditerranée…)
  • La façon dont l’auteur réussit à faire comprendre le sens des termes retranscrits de l’arabe en les contextualisant, plutôt qu’en ajoutant des notes de bas de page
  • Le personnage du Cheikh Mansour, attachant

J’aurais aimé…

  • Un rythme un peu plus dynamique
  • Un personnage féminin auquel m’identifier

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