Deux jumelles moscovites dans le tourment de la Révolution russe

Révoltées est un roman historique pour adolescent-e-s que j’ai eu le plaisir de lire en avant-première avant sa sortie officielle le 4 octobre. Rédigé à la première personne, il nous fait suivre les aventures de Tatiana, une jeune fille employée comme femme de ménage au Théâtre et au Studio d’Art de Moscou, et sa sœur jumelle Lena, engagée du côté des insurgés lors de la révolution russe d’octobre 1917. Bien que fictionnels, les personnages sont inspirés de Tatiana et Lena Ivanovna, respectivement chanteuse mezzo-soprano intégrée à la troupe du Bolchoï en 1923, et militante bolchévique.

Organisé en courts chapitres qui se lisent comme les scènes d’une pièce de théâtre, le récit nous plonge dans les combats de rue et le climat particulier de ces journées cruciales, alors que la victoire des Bolcheviks sur le gouvernement provisoire est loin d’être assurée. Un mélange de peur, de résignation mais aussi d’espoir…

L’auteure, Carole Trébor, est historienne de formation, passionnée par la littérature et le théâtre. Son roman se lit avec plaisir, même si après avoir lu l’introduction je m’attendais à quelque chose de plus romanesque. On y découvre la poésie de Vladimir Maïakovski (1893-1930) et le lien entre le courant artistique futuriste et les aspirations populaires à un renouveau politique et social. Comme l’explique l’auteure en annexe :

Le futurisme est un mouvement littéraire et artistique européen du début du XXe siècle, qui rejette la tradition et exalte le monde moderne (…). [Il] regroupe des poètes et des artistes qui répudient les contenus et formes du passé : refus de la poésie faisant l’éloge de la nature et de l’amour, du lyrisme, de toute mièvrerie et sentimentalisme.

J’ai aimé…

  • La narration à la première personne et le personnage de Tatiana, attachant
  • La carte de Moscou et les explications historiques en annexe
  • Le point de vue original sur les évènements révolutionnaires (à travers les jeunes gens d’une troupe de théâtre)

J’aurais aimé…

  •  Un peu moins de notes de bas de page pour éviter d’alourdir la lecture (certaines auraient pu être relayées en annexe)
  • Inversément, certaines définitions (comme « junkers », terme utilisé pour désigner les soldats du gouvernement provisoire de Kerenski) n’étaient pas signalées par un astérisque dans le texte et j’ai donc dû faire des recherches… avant de tomber sur la définition en fin d’ouvrage.

Merci à Netgalley et aux éditions Rageot de m’avoir permis de lire ce livre avant sa publication officielle.

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