« Le destin d’Honorine » d’Hubert de Maximy

Honorine Feynerolles, petite paysanne au père ivrogne et sans le sou, témoigne dès son enfance d’une ambition hors du commun et décide de consacrer toute son énergie à réaliser son rêve : faire fortune en créant sa propre fabrique de dentelles. Le roman se déroule principalement dans les années 1830 dans le région de Puy-en-Velay, un village situé à environ 150 km au sud de Lyon. L’auteur, Hubert de Maximy, un ancien producteur et réalisateur de télévision, est originaire de cette région rurale qu’il décrit de manière pittoresque.

On pourrait dire du « Destin d’Honorine » que c’est un peu la version féminine des romans d’apprentissage du XIXe siècle. Le récit débute en 1831 alors qu’Honorine n’a qu’une dizaine d’années et s’achève en 1843. Sa détermination et son absence de scrupules en font un personnage fort, loin des clichés romantiques. Après une première initiation à la dentelle chez les sœurs, elle parvient à se faire embaucher comme assistante dans une fabrique de dentelles avant de devenir progressivement le bras droit du gérant. Avec Benoît Chalencon, fils d’artistocrates ruinés doué pour le dessin, elle forme un duo atypique et attachant. On suit avec un intéressant croissant les péripéties d’Honorine et de Benoît, à mesure que les personnages gagnent en maturité et en complexité.

Le style est globalement agréable même si, de temps en temps, le narrateur se fait trop présent et nous empêche de « sentir » les choses à travers les personnages. C’est notamment le cas lors qu’il analyse le caractère d’Honorine, avec des phrases qui, d’après moi, sont superflues, telles que :
« Elle en vint aussi, insensiblement, à amalgamer son aîné et la gent masculine. Les hommes devenaient des prédateurs, voire des ennemis » ;
ou encore : « Honorine se sentait bien, presque folâtre. Une humeur rare chez cette calculatrice. »

Ces quelques défauts mis à part, le roman offre un bon moment de lecture et donne envie de continue avec les deux tomes suivants de la trilogie : « Alice la flamboyante », et « Pierre, maître de dentelle ».

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