Photographie avec Patrick Weber au Salon Ecrire l'Histoire de Bruxelles, 2 décembre 2018

« Maggie, une vie pour en finir » de Patrick Weber

Maggie, c’est Margaret Sowerbutts, la grand-mère de Patrick Weber. Une grand-mère qu’il n’a pas connue mais à laquelle il est lié par un secret de famille : Maggie n’est pas « morte de chagrin », comme ses parents lui ont d’abord expliqué, mais elle s’est suicidée. Un drame qui causera un tel choc émotionnel à sa fille qu’elle tombera enceinte à l’âge de quarante ans… donnant naissance au petit Patrick.

En faisant de son enquête familiale un roman, l’auteur met à jour le destin d’une femme à la fois ordinaire et exceptionnelle. Élevée dans une famille nombreuse au Nord de l’Angleterre, Maggie rêve d’échapper à sa condition modeste. Grâce à sa rencontre avec le révérend Johnson, un communiste fervent, elle entrevoit de nouvelles perspectives et devient infirmière dans un hôpital de guerre en 1915. C’est là qu’elle fait la rencontre de Joseph, un soldat belge gravement blessé à Raemdonck en 1914. Amoureux, les deux jeunes gens se marient et emménagent à Bruxelles.

Une fois en Belgique et surtout après la naissance de son fils Charles, Maggie devient psychologiquement fragile. Elle développe un amour possessif pour son fils dont elle est persuadée qu’il est un être exceptionnel, négligeant sa fille Joyce, condamnée à rester dans l’ombre de son frère. Cette fragilité est ensuite exacerbée par la mort de son mari et par l’expérience de la seconde guerre mondiale. Un ensemble de traumatismes qui la mènent à vouloir en finir en se jetant dans un étang un matin d’octobre 1964.

Grâce à une narration à la première personne, Weber nous fait pénétrer dans l’esprit tourmenté de Maggie. Malgré une paranoïa grandissante, celle-ci conserve une certaine lucidité face aux évènements, ce qui rend son personnage très attachant jusqu’au bout. Au-delà de son destin tragique, la vie de Maggie est aussi remplie de nombreux petits moments de bonheur simples et d’anecdotes pittoresques. La complicité avec sa mère et ses sœurs, la découverte de la grande ville (Manchester puis Bruxelles), la joie d’avoir un foyer… sont autant de rayons de lumière qui viennent contrebalancer les difficultés liées à l’exil et à la guerre.

La grande Histoire est aussi omniprésente, des blessures de Joseph pendant la première guerre à l’arrestation de Charles par les soldats allemands pendant la deuxième guerre en passant par la participation de Joseph à l’Exposition universelle de Bruxelles en 1935.

Plus qu’une biographie romancée, Maggie, une vie pour en finir est un vrai roman avec son lot de drames et d’émotions. Une lecture agréable grâce à un style fluide et très accessible.

J’ai aimé…

  • Vivre les deux guerres mondiales « à l’arrière », à travers le point de vue d’une femme anglaise, en Angleterre puis en Belgique ;
  • L’écriture simple et accessible, avec l’utilisation du « je » qui permet une bonne identification au personnage de Maggie ;
  • La dimension personnelle du récit et la façon dont Patrick Weber explique son enquête en introduction ;
  • Le récit attendrissant et pittoresque des petits bonheurs au sein d’une famille nombreuse de condition modeste : l’épisode de « la nuit de la casserole » lors duquel les enfants assomment leur père, ivre, avec une casserole, croyant l’avoir assassiné, ou encore les scènes lors desquelles les sœurs Sowerbutts jouent à faire « comme si » en essayant par exemple un chapeau dans une boutique bien qu’elles sachent parfaitement qu’elles n’ont pas les moyens de l’acheter.

J’ai moins aimé…

  • La comparaison récurrente, parfois un peu trop appuyée, entre Charles et Saint-Georges terrassant le dragon.

Bonus

J’ai eu la chance de participer au Salon Écrire l’Histoire de Bruxelles le dimanche 2 décembre 2018 en compagnie de Patrick Weber. Il y parle avec humour et émotion la genèse de son roman.

Merci à NetGalley et aux éditions PLON de m’avoir permis de lire ce livre au moment de sa publication officielle le 27 septembre 2018.

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