Saints & Stangers ou le premier Thanksgiving de l’histoire

Saints & Strangers est une mini-série américaine en deux épisodes de presque 2 heures chacun. Diffusée pour la première fois en novembre 2015 sur la chaîne National Geographic, ce drame historique retrace l’épopée des Pilgrims, ces « Pères pèlerins » arrivés sur la côte Est des États-Unis à bord du Mayflower en 1620 pour y bâtir une colonie. Parmi les passagers se trouvaient plusieurs protestants puritains. Persécutés par le régime de Jacques Ier en Angleterre, ils étaient à la recherche d’un lieu pour pratiquer librement leur religion.

La série retrace leur traversée de l’Atlantique, leur arrivée, et les premiers mois menant à la fondation de la colonie de « New Plymouth ». Le désir de coller à la réalité historique est évident mais la série parvient à être didactique sans lourdeur, trouvant un juste équilibre entre suspense, action et drame. L’accent est mis d’une part sur les rivalités au sein de la colonie, et d’autre part sur les relations tendues entre colons et autochtones. Parmi les colons, William Bradford (1590-1657), puritain ayant fui l’Angleterre pour les Pays-Bas en 1609, s’impose rapidement comme le leader de la communauté, élu Gouverneur par ses pairs. L’acteur Vincent Kartheiser (le Peter Campbell de Mad Men, ici dans un rôle totalement différent) est plutôt convaincant dans la peau de cet idéaliste contraint de battre en brèche certains de ses principes pour assurer la survie de la communauté dans des conditions particulièrement rudes.

Face à lui, Stephen Hopkins (joué par Ray Stevenson, le Titus Pullo de la série Rome) représente au contraire une autre catégorie de colons: ces aventuriers embauchés par la Merchant Company espérant faire fortune en Nouvelle Angleterre. Les tensions entre ces hommes et les difficultés liées à l’établissement d’une nouvelle communauté dans un environnement hostile ne sont pas sans rappeler Banished, cette excellente série de la BBC sur l’établissement d’une colonie pénitentiaire en Australie en 1788. Bien que les femmes jouent ici un rôle moins important que dans la série anglaise, celles-ci sont bien souvent au cœur des tensions dans ce monde masculin et impitoyable.

J’ai eu l’impression que la représentation des tribus amérindiennes n’était pas exempte d’un certain angélisme, mais je dois reconnaître que les tensions entre clans rivaux et le dilemme posé par l’arrivée des colons sont traités de manière intéressante. National Geographic aurait travaillé avec plusieurs experts pour s’assurer que les Amérindiens s’expriment dans une langue authentique, l’Abenaki de l’Ouest, et portent des costumes véritablement représentatifs de la période, ce qui n’a toutefois pas empêché des représentants de la communauté des Indiens Wampanoag de dénoncer des inexactitudes. Personnellement, j’ai pris plaisir à découvrir les circonstances dans lesquelles a été célébré le premier Thanksgiving de l’histoire (du moins selon le mythe), et qui ont permis la conclusion d’une alliance de plusieurs années entre le chef indien Massasoit (c. 1590-1661) et les colons.

Une belle leçon d’histoire romancée comme je les aime… actuellement disponible sur Netflix en Belgique et en France.

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